Anthropologie du conflit en Guadeloupe : la construction de sujets périphériques
Anthropology of conflict in Guadeloupe (French West Indies) : construction of peripherals subjects
par N'Garoné Rémadjie sous la direction de Affergan Francis
Thèse de doctorat en Ethnologie
Ecole doctorale Sciences humaines et sociales, cultures, individus, sociétés (Paris)

Soutenue le Monday 22 September 2014 à Université Paris Descartes ( Paris 5 )

Sujets
  • Acculturation
  • Conflit culturel
  • Guadeloupe
  • Identité (psychologie)
  • Identité collective
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Mots clés
Guadeloupe, Culture, Identités, Colonialisme, Conflit, Relations sociales, Pouvoir
Resumé
Cette recherche porte sur les dynamiques de fusion et de dispersion traversant le corps social et culturel guadeloupéen. Le conflit hérité de l'esclavage et de la colonisation n'ayant pas été résolu, a été mis en latence devenant sous-jacent à toutes sortes de relations sociales. Ce conflit, à l'origine de la société et de la culture guadeloupéennes, engendre désormais des dynamiques de dispersion. Il s'agit donc ici de relever diverses formes conflictuelles se déployant dans les champs économique, socioculturel et politique, pour en faire émerger la trame culturelle. Ce conflit opposant originellement dominés et dominants ou soi et l'autre, a été intégré à la culture, il la façonne et se transmet par son biais. L'étude des représentations et pratiques liées à la consommation, des perspectives de changement social, de la mémoire collective ou des relations hiérarchiques au travail, permet de saisir la reproduction et la transmission de certaines grilles d'interprétations de la réalité, de schèmes de comportements et de modes de relation à l'autre. Les protagonistes réels ayant disparu à la fin de la colonisation, ce conflit oppose désormais des systèmes de valeur, des références culturelles et identitaires, des paradigmes de pensée ou en encore des figures, en somme, des forces contradictoires internes et transversales à cette société. L'assimilation politico-culturelle à la France ayant cours depuis la loi de départementalisation de 1946, les frontières entre soi et l'autre se sont partiellement estompées, renforçant les sentiments de déréalisation et la menace de disparition du collectif. Les dynamiques d'unification du corps socioculturel se réalisent alors dans l'adversité, dans une relation de pouvoir problématique avec un autre. Ce phénomène entraîne des formes de recentrement identitaire et des tentatives d'expulsion de l'autre en soi. La figure du dominant est ainsi projetée hors de soi. Ce schéma récurrent est notamment mis en avant dans les notions de pwofitasyon, de masse et d'identités nèg donnant lieu à des tentatives de production d'authenticité culturelle et d'appropriation du pouvoir. Il est donc aussi question d'étudier les paramètres selon lesquels les sujets individuels et collectifs se construisent, les identités produites et leurs relations, mais aussi les façons dont ces sujets composent avec la diversité pour se construire une existence. Dans un tel contexte, la gestion permanente de ce conflit se manifeste par la fluidité des positions, la porosité des références et la multiplicité des allégeances et des outils culturels, donnant forme au processus syncrétique. Ainsi, ce conflit transversal, global, donne lieu à l'émergence de sujets périphériques, dont l'existence est surdéterminée par le déséquilibre de la relation à l'autre. Et parce que ces sujets ont intégré une part de cet autre, qu'ils n'ont d'existence qu'à l'intérieur de cette relation conflictuelle, leurs quêtes identitaires consistent à se positionner à la marge de l'autre, mais aussi d'eux-mêmes.