Rôle de ICAT (inhibitor of β-catenin and TCF4) dans le développement normal et pathologique des mélanocytes
ICAT (inhibitor of β-catenin and TCF4) role in normal and pathological melanocytes development
par Domingues Mélanie sous la direction de Bonaventure Jacky
Thèse de doctorat en Biologie cellulaire et moléculaire
École doctorale Génétique, cellulaire, immunologie, infectiologie et développement

Soutenue le mardi 10 juin 2014 à Université Paris Descartes ( Paris 5 )

Sujets
  • Crête neurale
  • Mélanoblastome
  • Métastases

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Mots clés
Migration, Invasion, Métastases, Mélanome, NEDD9
Resumé
Β-caténine, protéine multifonctionnelle et pivot de la voie de signalisation Wnt est impliquée dans de nombreux processus physiologiques, notamment le développement normal du lignage mélanocytaire. Les régulateurs négatifs directs de β-caténine sont peu nombreux et un nombre réduit d'études leur a été consacré. La protéine ICAT est l'un de ces régulateurs négatifs. En effet, elle se fixe au niveau des répétitions ARM 5 à 12 de β-caténine via un domaine N-terminal en hélices α et un domaine C-terminal semblable à un feuillet β, empêchant son interaction avec les facteurs de transcription TCF/LEF et donc la transcription des différents gènes cibles de β-caténine. L'invalidation complète de ICAT chez la souris entraîne des anomalies développementales des dérivés des crêtes neurales responsables, dans certains cas, de la mort des animaux. Afin de déterminer la fonction de ICAT durant le développement des mélanocytes, qui sont également des dérivés des crêtes neurales, nous avons généré des embryons totalement invalidés pour le gène ICAT et exprimant le transgène Dct::LacZ. Cette invalidation n'affecte ni le nombre, ni la localisation des mélanoblastes. Ces résultats suggèrent que la prolifération et la migration de ces cellules aux stades étudiés (E13.5, E15.5 et E18.5) est normale en absence de ICAT. La voie de signalisation Wnt étant dérégulée dans 30% des mélanomes, il nous a paru essentiel d'examiner le rôle de ICAT dans la formation et la progression des mélanomes. L'étude d'un panel de lignées cellulaires de mélanome humain nous a permis de corréler une forte expression de ICAT à la formation de métastases chez des souris immunodéficientes. De plus chez l'Homme, une forte expression d'ARNm de ICAT dans certains mélanomes est associée à un temps de survie plus faible. La surexpression de ICAT dans différentes lignées humaines de mélanome conduit à une augmentation de la vitesse de migration des cellules en 2D et de leurs capacités invasives en 3D, sans affecter leur prolifération. L'ensemble de ces effets dépend entièrement de l'interaction de ICAT avec β-caténine. Au niveau cellulaire, une expression ectopique de ICAT induit une modification de la morphologie des cellules métastatiques, qui passent d'une forme allongée/mésenchymateuse à une forme arrondie/amiboïde, alors qu'elle n'affecte pas la morphologie allongée des cellules non métastatiques. Cette modification de morphologie cellulaire s'accompagne d'une diminution de l'expression de la protéine NEDD9, une cible de β-caténine, impliquée dans la voie de signalisation Rac communément associée à la migration mésenchymateuse. L'ensemble de ces résultats nous a permis de montrer pour la première fois que ICAT est un nouveau régulateur de la motilité et de l'invasion des cellules de mélanome. L'étude de la structure tridimensionnelle du complexe ICAT/β-caténine nous a permis de comprendre le mécanisme de compétition entre ICAT et les facteurs TCF/LEF pour la liaison à β-caténine. Par mutagenèse, nous avons mis en évidence que les résidus D66, F71 et E75 (domaine C-terminal de ICAT) sont impliqués dans la compétition avec LEF1 mais n'empêchent pas la formation d'un complexe stable ICAT/β-caténine alors que les résidus Y15, K19, V22 du domaine N-terminal sont essentiels à la formation de ce complexe.