Modèles in vitro adaptés à l'étude de la relation entre la pollution de l'air intérieur et la santé respiratoire, application aux Composés Organiques Volatils (COV)
A suitable in vitro model to assess the relationship between the indoor air pollution and respiratory health, particularly Volatile Organic Compounds (VOC)
par Bardet Gaëlle sous la direction de Seta Nathalie
Thèse de doctorat en Epidémiologie
École doctorale Santé publique : épidémiologie et sciences de l'information biomédicale (Paris)

Soutenue le Thursday 22 October 2015 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Composés organiques volatils
  • Épidémiologie
  • Épithélium

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Mots clés
Epithélium respiratoire reconstitué, Atmosphères mono ou multi-polluants, Contrôle analytique, Expositions répétées, Interface air-liquide
Resumé
L'augmentation de la prévalence mondiale des pathologies respiratoires et allergiques depuis la seconde moitié du 20ème siècle ainsi que l'émergence de symptômes spécifiques liés à des environnements clos dans les années soixante-dix, ont contribué à incriminer l'exposition à la pollution de l'air intérieur, en particulier aux composés organiques volatils (COV), comme facteur de risque dans l'apparition de ces pathologies. Les différentes approches épidémiologiques et expérimentales existantes ont permis de renseigner la composition, les sources, les déterminants et les effets de cette pollution en particulier sur l'appareil respiratoire humain, première voie d'exposition. A l'heure actuelle, les politiques expérimentales visent à substituer les expérimentations animales par le développement de méthodes alternatives, dont les méthodes in vitro, pour des raisons économiques et éthiques. Cependant, les modèles in vitro permettant l'étude des polluants environnementaux sur les cellules de l'arbre respiratoire sont encore peu développés. L'objectif de cette thèse est donc de proposer une approche expérimentale in vitro adaptée à l'étude d'impact des expositions de cellules épithéliales nasales humaines à des polluants environnementaux, en particulier les COV. La force de ce travail est d'avoir mis en place des méthodologies approchant les conditions réelles d'exposition, et de les avoir appliquées à des atmosphères d'environnement intérieur. Au terme de ces travaux, les acquis méthodologiques ont porté sur le modèle de cellules épithéliales nasales évoluant de la culture primaire à l'épithélium reconstitué, constitué de plusieurs types cellulaires, proche de l'épithélium respiratoire humain ; la génération d'atmosphère chargée en mono (formaldéhyde) ou multi-polluants (COV issus de peinture du commerce), et surtout son contrôle analytique, étape essentielle pour valider notre démarche expérimentale ; l'exposition répétée (jusqu'à 3 par semaine, de durée allant jusqu'à 2 heures, sur une période totale d'au moins un mois) en interface air-liquide, sans perte d'intégrité cellulaire, dynamique (sous flux d'air) pour les polluants gazeux, ou statique (sans flux) pour dépôt des particules ; l'étude morphologique et histologique de l'épithélium, développée comme marqueur d'effet complétant l'approche biologique centrée sur la réponse inflammatoire. L'exposition au formaldéhyde gazeux à une concentration proche des niveaux environnementaux intérieur, n'a pas eu d'effet sur les marqueurs de l'inflammation. Lors de l'exposition de l'épithélium reconstitué choisi (MucilAirTM, Société Epithelix) aux COV, une inhibition de la production spécifique d'IL-8 dépendant de la dose et du nombre d'exposition est observée, alors que l'intégrité tissulaire de l'épithélium n'est pas altérée. Le mécanisme de cette inhibition demande à être exploré plus avant. Pour autant, la réactivité du modèle, en matière de réaction inflammatoire et de changement de structure de l'épithélium a été validée lors d'expositions à un mélange environnemental complexe (particules de fumée de tabac). Notre approche in vitro innovante peut être élargie à l'étude d'autres atmosphères multi-polluants (chimiques, physiques et biologiques) afin d'être au plus proche des conditions réelles d'expositions, mais aussi à d'autres organes cibles.