Etude des mécanismes régulateurs des cellules NK : rôle de la molécule PD-1 et de la prostaglandine E2 (PGE2)
Regulation of NK cells immune response : role of PD-1 and PGE2
par Beldi-Ferchiou Asma sous la direction de Caillat-Zucman Sophie
Thèse de doctorat en Immunologie
École doctorale Génétique, Cellulaire, Immunologie, Infectiologie et Développement

Soutenue le Thursday 20 November 2014 à Université Paris Descartes ( Paris 5 )

Sujets
  • Cellules NK
  • Dinoprostone
  • Réponse immunitaire -- Régulation

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Mots clés
Cellules NK, Programmed Death-1 (PD-1), PGE2, Régulation immunitaire
Resumé
Les cellules Natural Killer (NK) sont des effecteurs de l'immunité innée et constituent de véritables sentinelles dans l'immuno-surveillance contre les virus et les processus tumoraux. Pour échapper à la reconnaissance NK, les virus ainsi que les cellules tumorales utilisent de nombreux subterfuges. Au cours de ce travail, nous nous sommes intéressés à deux facteurs régulateurs de la fonction des cellules NK, la molécule PD-1 et la prostaglandine E2 (PGE2). Programmed death 1 (PD-1) est une molécule régulatrice exprimée sur les lymphocytes T et B activés. L'engagement de PD-1 par ses ligands inhibe leurs fonctions effectrices et prolifératives. Au cours de certaines infections virales chroniques ou de tumeurs, l'expression de PD-1 est associée à l'épuisement fonctionnel des lymphocytes T effecteurs. Le blocage de l'axe PD-1/PD-1 ligands restaure les fonctions effectrices des lymphocytes et représente ainsi une approche thérapeutique prometteuse. Nous avons mis en évidence de manière fortuite une expression inhabituelle du récepteur PD-1 sur les cellules NK au cours de certaines infections virales chroniques (HHV8, VIH ou VHC). L'expression de PD-1 sur les cellules NK caractérise une population récemment activée (CD69++, CD25 + et Nkp44 +), susceptible à l'apoptose (Annexin V+), exprimant une moindre quantité du récepteur de cytotoxicité naturelle NKp46. L'analyse fonctionnelle montre que les cellules NK PD-1+ ont des capacités de cytotoxicité (dégranulation CD107a) et de production de cytokines (IFNγ) réduites en comparaison avec leurs homologues PD-1-. De façon intéressante, l'IL-2 et l'IL-15 peuvent restaurer les fonctions effectrices des cellules NK PD-1+. Contrairement aux cellules T dont l'expression de PD-1 est induite par divers stimuli, seule la stimulation des récepteurs NKp46 et NKp30, en synergie avec l'action de l'IL-15 ou l'IL-2, induit in vitro de façon reproductible l'expression de PD-1 sur les cellules NK de témoins sains. Pour pouvoir disposer d'un modèle in vitro de cellules NK PD-1+, nous avons généré des cellules exprimant PD-1 de manière stable par transduction lentivirale de la lignée NKL. En comparaison avec les cellules transduites par le vecteur vide, les cellules NKL PD-1+ ont des capacités cytotoxiques réduites, confirmant nos résultats chez les patients. Nous avons aussi étudié les mécanismes par lesquels la PGE2, une autre molécule immuno-modularice, régule les fonctions des cellules NK. Nos résultats suggèrent que la PGE2 agit à travers ses récepteurs EP2 et EP4 pour inhiber l'expression de NKG2D et de l'IL-15Rγ induite par l'IL-15 sur les cellules NK. Ce travail doit nous permettre de mieux comprendre comment la PGE2 s'oppose aux effets activateurs de l'IL-15 sur les cellules NK, et représente un mécanisme de rétrocontrôle de l'inflammation. En conclusion, nos résultats montrent que l'expression de PD-1 sur les cellules NK représente un mécanisme supplémentaire d'échappement viral à la réponse immune. La suite de l'étude sur la PGE2 devrait nous permettre d'évaluer l'intérêt de l'utilisation d'antagonistes spécifiques dans l'immunothérapie anti-tumorale par l'IL-15. Le lien entre la PGE2 et l'expression de PD-1 sur les cellules NK est en cours d'investigation.