Caractérisation moléculaire de la forme résistante de la leucémie lymphocytaire chronique (LLC) : rôle fonctionnel de la nouvelle forme phosphorylée de Ku70
Molecular characterization of resistant chronic lymphocytic leukemia (CLL) : function of a new phosphorylated form of Ku70
par Saad Lina sous la direction de Delic Jozo
Thèse de doctorat en Biologie moléculaire et cellulaire
École doctorale Médicament, Toxicologie, Chimie, Environnement

Soutenue le Monday 14 October 2013 à Université Paris Descartes ( Paris 5 )

Sujets
  • ADN -- Altération
  • ADN -- Réparation
  • Leucémie lymphoïde chronique
  • Protéine Ku70

Depuis le 1er janvier 2012, les thèses de doctorat soutenues ou préparées à l’Université Paris Descartes sont déposées au format électronique, sous licence Creative Commons.

Consultation de la thèse sur d’autres sites :

Theses.fr (Version intégrale de la thèse (pdf))

Description en anglais
Description en français
Mots clés
LLC,Résistance au stress génotoxique,Phospho-Ku70,Réparation ADN/instabilité génomique,ShRNA,Γ-H2AX,Test de Comètes
Resumé
Nous avons identifié une nouvelle forme de phospho-S27-S33-Ku70 constitutivement surexprimée dans des cellules issues de la leucémie lymphocytaire chronique résistante à la chimiothérapie basée sur des agents alkylants de l'ADN et/ou analogues nucléotidiques. La protéine Ku70 est une protéine essentielle du maintien de la stabilité génomique par son rôle dans la réparation non-homologue (système NHEJ) des cassures double brin de l'ADN (CDB) et par sa fonction télomérique. Le laboratoire d'accueil a déjà démontré, in vitro et in vivo, dans les cellules LLC résistantes une altération de la réparation par le système NHEJ et un dysfonctionnement télomérique. Le travail de thèse a porté sur la caractérisation fonctionnelle de cette nouvelle forme phospho-S27-S33-Ku70. Pour ceci, nous avons utilisé des vecteurs d'expression permettant simultanément d'inhiber l'expression du Ku70 endogène (shRNA) et d'exprimer de façon épisomale différentes formes de Ku70 exogène. Ainsi, nous avons démontré : i) une stricte colocalisation de pS27-pS33-Ku70 avec les foyers γ-H2AX; ii) des cassures double brin (DSB) induisent la phosphorylation de S27-S33-Ku70 sous forme hétérodimère avec Ku80. Cette phosphorylation a lieu quelques minutes après le stress génotoxique et implique l'activité et l'interaction physique avec pS2056-DNA-PKcs, reliant ainsi pS27-pS33-Ku70 au système NHEJ ; iii) les cellules exprimant la forme sauvage exogène S27-S33-Ku70 ou la forme phosphomimétique E27-E33-Ku70 présentent une cinétique de réparation de l'ADN plus rapide que celle des cellules exprimant la forme mutée A27-A33-Ku70. Cependant, iv) la forme sauvage de Ku70 contribue à un niveau plus élevé d'aberrations structurales chromosomiques après la première division cellulaire suite à un stress génotoxique indiquant une infidélité lors de la réparation des dommages de l'ADN. En outre, les cellules exprimant A27-A33-Ku70 possèdent un index cellulaire plus élevé qui est corrélé avec une activation de la voie β-caténine. En adéquation avec sa surexpression dans la forme résistante de la LLC, l'ensemble de ces résultats suggère un rôle oncogénique de la forme phosphorylée de Ku70. Nous avons ensuite testé l'effet des nanodiamants hydrogénés (ND-H) dans des lignées exprimant différentes formes de Ku70. Grâce à leurs propriétés physico-chimiques les ND-H sont capables de potentialiser sous irradiation la production intracellulaire des espèces réactives de l'oxygène (ROS) et ainsi augmenter le taux des cassures (simple et double brin de l'ADN) et solliciter d'avantage le système de réparation de l'ADN. Nous observons que indépendamment de la forme exprimée de Ku70, ce double traitement induisait la sénescence cellulaire ; une découverte d'un intérêt à la fois fondamental (compréhension des voies apoptotiques vs senescence) et d'utilité pharmacologique potentielle.