Etude de l'effet de mutations du gène SHANK3 dans les TSA à partir de neurones corticaux humains dérivés de cellules souches pluripotentes induites
no title available
par Gouder Laura sous la direction de Cloëz-Tayarani Isabelle
Thèse de doctorat en Neurobiologie
École doctorale Bio Sorbonne Paris Cité

Soutenue le Friday 18 November 2016 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Migration neuronale
  • Troubles du spectre de l'autisme

Depuis le 1er janvier 2012, les thèses de doctorat soutenues ou préparées à l’Université Paris Descartes sont déposées au format électronique, sous licence Creative Commons.

Consultation de la thèse sur d’autres sites :

Theses.fr (Version intégrale de la thèse (pdf))

Description en anglais
Description en français
Mots clés
Troubles du spectre autistique, IPSC, Neurones corticaux glutamatergiques, SHANK3, Épines dendritiques, Imagerie calcique
Resumé
Les Troubles du Spectre Autistique (TSA) affectent un individu sur 100 en France et sont caractérisés par des déficits de la communication et des interactions sociales ainsi que par la présence d'intérêts restreints et de comportements répétitifs. Le laboratoire a démontré l'implication de protéines synaptiques dans le développement des TSA et en particulier celle des protéines SHANK. Ces protéines sont des protéines d'échafaudage présentes au niveau de la densité post-synaptique (PSD) des neurones glutamatergiques et interagissant avec différents partenaires. Dans le cadre de mon projet de thèse, nous nous sommes particulièrement intéressés à la protéine SHANK3. Des mutations au sein du gène SHANK3 ont été détectées chez environ 1 à 2% des patients, selon le degré de sévérité du retard mental. Un déficit de SHANK3 altère le fonctionnement synaptique. En effet, des analyses sur modèles de souris invalidées pour le gène SHANK3 ont montré une diminution de la densité des épines dendritiques, de la taille de la densité post-synaptique et de l'expression des partenaires protéiques de SHANK3. Mon modèle principal d'analyse a consisté en la reprogrammation de fibroblastes en cellules pluripotentes induites (iPSC « induced pluripotent stem cells »). Les iPSCs ont ensuite été sélectivement dérivées en neurones corticaux. Nos études se sont focalisées sur l'analyse des conséquences fonctionnelles de mutations de novo du gène SHANK3 retrouvées chez 4 patients à l'état hétérozygote et présentes au sein de l'exon 21. Ces mutations conduisent à un codon stop prématuré. En parallèle, nous avons obtenu des cellules de 4 individus témoins ne présentant aucun trouble psychiatrique identifié. L'analyse a porté d'une part sur des aspects morphologiques et d'autre part sur des aspects fonctionnels. Nous avons étudié l'effet des mutations sur la maturation et les caractéristiques morphologiques des épines dendritiques. Nous avons établi un protocole permettant une analyse détaillée de la morphologie en 3D des épines dendritiques et suivi leur maturation. Un résultat majeur est l'observation d'une diminution de la densité des épines sur les dendrites des neurones pyramidaux issus des patients par rapport aux témoins. Comme attendu, la maturation des épines n'est pas complètement achevée mais varie peu dans son évolution d'un individu à l'autre (témoins vs. patients). Nous avons poursuivi ces études par deux approches fonctionnelles : l'imagerie calcique et des études d'électrophysiologie. Les données électrophysiologiques sont en cours d'analyse. En conclusion, nous avons pu obtenir des cultures de neurones corticaux glutamatergiques et les maintenir en culture durant 40 jours pour effectuer différentes analyses à un stade de maturation suffisant pour la mise en évidence de phénotypes morphologiques et fonctionnels. Nous avons principalement observé une diminution de des densités synaptiques et de maturation des épines dendritiques au sein des neurones issus de patients liée à des altérations d'oscillations calciques spontanées.