Caractérisation d'une nouvelle population intestinale de cellules innées lymphoïdes intra-épithéliales à l'origine du lymphome associé à la maladie coeliaque
Characterization of a new subset of gut intra epithelial innate lymphoid cells who undergo malignant transformation in celiac disease
par Ettersperger Julien sous la direction de Cerf-Bensussan Nadine
Thèse de doctorat en Immunologie
École doctorale Bio Sorbonne Paris Cité

Soutenue le Wednesday 21 October 2015 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Cellules de la moelle osseuse
  • Interleukine 15
  • Leucémie à cellules T de l'adulte

Depuis le 1er janvier 2012, les thèses de doctorat soutenues ou préparées à l’Université Paris Descartes sont déposées au format électronique, sous licence Creative Commons.

Consultation de la thèse sur d’autres sites :

Theses.fr (Version intégrale de la thèse (pdf))

Description en anglais
Description en français
Mots clés
Cellule lymphoïde innée (ILC), Différenciation T, Interleukine-15, NOTCH, Granzyme B, Greffe de moelle osseuse
Resumé
La maladie coeliaque réfractaire de type II (MCRII) est une complication sévère de la maladie coeliaque caractérisée par l'émergence dans l'épithélium intestinal d'une population clonale de cellules innées lymphoïdes (IE-ILC) avec un phénotype inhabituel. Nos travaux montrent en effet que ces IE-ILC ont un phénotype mixte avec des caractéristiques à la fois de lymphocytes T (LT) et de cellules NK, puisqu'elles expriment des récepteurs NK et contiennent les chaines du complexe CD3 en intracellulaire et des réarrangements du récepteur T. En outre, des travaux précédents du laboratoire ont montré que l'interleukine 15 (IL-15), produite en excès par les entérocytes des patients MCRII, joue un rôle central en permettant la survie de ces lymphocytes anormaux et de ce fait leur accumulation progressive dans l'intestin. Le premier objectif de ma thèse a été de comprendre l'ontogénie des IE-ILC chez l'homme. Nous avons démontré qu'une population «polyclonale» d'IE-ILC, possédant des caractéristiques similaires à ceux des lymphocytes clonaux de MCRII, est présente dans l'épithélium intestinal des sujets sains. En outre, ces cellules prédominent dans l'épithélium intestinal des très jeunes enfants (<1ans) et des patients allo-greffés après une chimiothérapie. Nous avons montré que la différenciation des IE-ILC peut-être récapitulée in vitro à partir de cellules souches hématopoïétiques (CSH), en combinant un signal NOTCH et IL-15; le signal NOTCH initie un programme T qui est interrompu par l'IL-15, conduisant à la reprogrammation des cellules vers une différenciation NK. Nous avons aussi montré que l'effet de l'IL-15 résulte de l'induction de la sérine protéase Granzyme B, qui clive la protéine NOTCH en fragments dépourvus d'activité transcriptionnelle. Le deuxième objectif de mon travail a été d'identifier le site de la différenciation des IE-ILC. Thymus et épithélium intestinal expriment en effet des ligands de NOTCH ainsi que de l'IL-15. Cette partie du travail a été conduite chez la souris. Nous avons montré qu'une population d'IE-ILC similaire à celle observée chez l'homme est présente dans l'épithélium murin. L'étude de différentes souris mutantes nous a permis de démontrer sa dépendance stricte de l'IL-15. La réalisation de greffes de thymus, l'analyse de souris athymiques et le transfert de cellules de la moelle osseuse chez des souris immunodéficiences a permis d'exclure tout rôle du thymus dans la différenciation des IE-ILC, et de suggérer que ces cellules se différencient dans l'intestin avant la migration des lymphocytes T. Dans leur ensemble, ces résultats caractérisent une nouvelle population de cellules lymphoïdes innées et une voie originale de différenciation. Nos résultats éclairent un débat de longue date sur la différenciation extra-thymique des lymphocytes de l'épithélium. Nous montrons que la différenciation T peut être initiée dans l'épithélium intestinal mais que l'IL-15 bloque cette différenciation, ce qui conduit à la génération d'une population particulière de IE-ILC avec un phénotype mixte de LT et de NK. La présence des IE-ILC chez les très jeunes enfants et chez les patients greffés suggère un rôle possible dans les défenses de l'épithélium intestinal avant l'activation du système immunitaire adaptatif et la migration intraépithéliale des LT.