Continuum autisme-schizophrénie : apport de l'étude de la cognition sociale et de marqueurs phénotypiques développementaux
Autism-schizophrenia continuum : contribution of the study of social cognition and developmental phenotypic markers
par Martinez Gilles sous la direction de Amado Isabelle
Thèse de doctorat en Neurosciences
École doctorale Cerveau, Cognition, Comportement

Soutenue le Friday 17 November 2017 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Psychopathologie
  • Schizophrénie
  • Tests
  • Troubles du spectre de l'autisme

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Mots clés
Neurodéveloppement, Psychose, Trouble du spectre de l'autisme, Théorie de l'esprit, Psychopathologie, Signes neurologiques mineurs, Jeune adulte
Resumé
Autisme et schizophrénie sont deux troubles psychiatriques neuro-développementaux. L'étude des formes précoces de schizophrénie, fréquemment associées aux troubles du spectre de l'autisme (TSA), a suggéré un possible continuum développemental entre ces troubles. Des arguments cliniques et épidémiologiques, et issus des études en génétique moléculaire ou en imagerie cérébrale, sont progressivement venus étayer cette hypothèse. Dans ce contexte, l'étude de la cognition sociale a fait l'objet d'un intérêt particulier, des altérations étant rapportées dans les deux troubles avec toutefois des résultats contrastés, révélant autant de points communs que de différences. Les relations entre altération de la cognition sociale et charge neuro-développementale ont par ailleurs été peu explorées. A travers nos trois études, nous avons confirmé l'existence d'altérations de la cognition sociale dans les TSA et la schizophrénie. Le MASC (Movie for the Assessment of Social Cognition), épreuve mixte et originale dont nous avons validé la version française, a permis de montrer une altération globale des capacités de mentalisation plus importante dans les TSA que dans la schizophrénie. Les Triangles Animés (épreuve d'attribution d'intention reposant sur un matériel non verbal) ont permis de révéler des différences qualitatives : tandis que l'hypomentalisation est commune aux deux troubles, l'hypermentalisation apparaît plus marquée dans la schizophrénie. Par ailleurs, à travers un continuum autisme-schizophrénie, l'altération de la cognition sociale était liée à la désorganisation de la pensée et du langage, et à l'importance des signes neurologiques mineurs (marqueur de vulnérabilité neurodéveloppementale). En outre, chez les sujets avec schizophrénie, l'hypermentalisation était corrélée à la précocité d'installation du trouble. Nos résultats soulignent l'intérêt de pouvoir repérer chez des patients adultes un trouble du développement. En ce sens, nous avons présenté les premiers éléments de validation d'un autoquestionnaire de dépistage des troubles du développement, permettant en population adulte un repérage rétrospectif des signes et symptômes d'autisme présents dans l'enfance. En conclusion, nos résultats apportent des arguments en faveur du continuum autisme-schizophrénie, en montrant l'existence d'une altération de la cognition sociale, dans ces deux troubles, corrélée à la charge neuro-développementale de façon trans-nosographique. Il existe toutefois des différences qualitatives. Un sous-groupe de sujets avec schizophrénie dont le trouble a débuté précocement semble par ailleurs se dessiner, caractérisé par une tendance à hyper-mentaliser et présentant une désorganisation plus marquée.