Qualité de vie dans le trouble d'usage d'alcool : une mesure de l'effet thérapeutique du point de vue des patients
Quality of life in alcohol use disorder : a patient-centered assessment of efficacy
par Luquiens Amandine sous la direction de Aubin Henri-Jean
Thèse de doctorat en Sciences cognitives
École doctorale Cerveau, Cognition, Comportement

Soutenue le Tuesday 10 November 2015 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Alcoolisme -- Thérapeutique
  • Psychométrie
  • Qualité de la vie

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Mots clés
Qualité de vie, Trouble d'usage d'alcool, Dépendance à l'alcool, Propriétés psychométriques, Validation, Développement, Soins centrés sur le patient
Resumé
Contexte : L'évolution des pratiques en alcoologie, suivant le modèle des soins centrés sur la patient, permet de revisiter le concept de rémission pour une meilleure prise en compte du point de vue du patient, participant de façon prépondérante dans la définition de ses objectifs thérapeutiques et dans leur évaluation. Pourtant, peu de ces critères subjectifs de l'évaluation du devenir des patients ont véritablement inclus le patient dans leur développement. Jusqu'à récemment, les instruments mesurant la qualité de vie les plus utilisés en alcoologie étaient génériques, constitués d'items générés par les experts et s'appuyant sur la littérature existante, mais n'ayant pas impliqué de patient dans leur développement, c'est-à-dire dans la génération des items. Méthodes : nous avons réalisé une revue systématique de la littérature recensant les essais thérapeutiques randomisés testant une intervention chez les patients alcoolodépendants, et mesurant son efficacité sur la qualité de vie. Nous avons répertorié les dimensions explorées dans les instruments existants. Il a été montré que ces instruments n'exploraient pas de façon optimale l'impact de l'alcoolodépendance sur la qualité de vie. Sur ce constat, nous avons développé conformément aux recommandations de la Food and Drug Administration (FDA) sur le développement des « Patients-Reported Outcomes » une échelle spécifique au trouble d'usage d'alcool, à partir du vécu rapporté par les patients. Nous avons utilisé la méthode des groupes focus, réalisés en parallèle en France et en Grande-Bretagne auprès de 38 patients présentant un trouble d'usage d'alcool. Ces groupes ont pu générer un pool d'items, testés secondairement par des entretiens cognitifs individuels auprès de 31 patients, aboutissant à l'échelle finale « Alcohol Quality of life Scale » (AQoLS). Nous avons ensuite validé l'échelle AQoLS sur un échantillon de 285 patients français présentant un trouble d'usage d'alcool, recrutés dans des centres sélectionnés de façon aléatoire en France. Résultats : L'échelle développée comporte 34 items, répartis selon 7 dimensions : les relations sociales, les activités, les conditions de vie, s'occuper de soi, les émotions négatives, le sommeil et la perte de contrôle. L'analyse de l'échelle a pu confirmer 6 de ces sept dimensions, avec une répartition légèrement différente des items. La dimension « s'occuper de soi » a disparu au profit d'une nouvelle dimension, l'estime de soi. Les dimensions de contrôle et d'estime de soi sont novatrices dans un instrument de qualité de vie liée à la santé, chez l'adulte. L'échelle a montré de bonnes propriétés psychométriques, avec une bonne consistance interne (Cronbach = 0.96), et une corrélation modérée mais significative avec certains sous-scores de la SF-36 et l'EQ-5D. Un travail complémentaire qualitatif a pu illustrer les liens entre les différents domaines impactés, et notamment la proximité de perception dans les propos des patients, entre l'estime de soi, la perte de contrôle et les troubles cognitifs. Conclusion : L'évolution vers un modèle des soins centrés sur le patient permet d'envisager une conception différente de la rémission et de construire et valider une mesure de la qualité de vie se rapprochant des préoccupations des patients, l'échelle AQoLS. Deux dimensions novatrices ont été rattachées à ce concept : la perte de contrôle du point de vue du patient, et l'estime de soi.