| Mots clés |
IRM, Neurodéveloppement, SES, Vie fœtal, Neuroplasticité, Entraînement cognitif, PRS |
| Resumé |
L'analyse du développement neurocognitif, aussi bien précoce que tardif, est nécessairement multiple et se situe à différents niveaux du vivant : moléculaires (génétique), cellulaires (neurones), macroscopiques (réseaux de neurones) et environnementaux (pédagogiques, socio-économiques et culturels). L'analyse du développement cérébral précoce durant la période prénatale révèle l'importance cruciale des premières étapes de la vie pour la formation des structures neuronales et des circuits cérébraux. Parallèlement, le développement cérébral tardif, caractérisé par la neuroplasticité, représente une autre période critique où le cerveau se remodèle en réponse aux expériences tout au long de la vie. Ainsi, l'interaction entre les facteurs biologiques et environnementaux façonne le développement neurocognitif, soulignant l'importance cruciale de ces deux périodes développementales. Dans ce contexte, la première partie de la thèse visait à étudier les effets interdépendants du statut socio-économique (SES) des parents, de la génétique et du volume cérébral, sur deux proxys du (neuro)développement précoce (i.e. foetal), le poids à la naissance et le pattern de sillons corticaux. Afin de modéliser les relations multiples et complexes entre les différents facteurs, une étude a été menée en utilisant un modèle SEM (structural equation model) sur 203 participants sains âgés de 9 à 17 ans issus du projet APEX (APprentissages EXécutif) (Mathan et al., en révision). Par ailleurs, nous avons également utilisé cette approche multivariée pour la caractérisation de la neuroplasticité à partir de scores de changement latent traduisant les modifications anatomiques. Cette seconde partie de la thèse visait à préciser l'influence du SES sur la neuroplasticité associée à un entrainement cognitif chez les participants du même projet APEX, en postulant que l'effet du SES sur la plasticité liée à l'apprentissage est similaire à son effet sur la plasticité développementale. Le projet APEX visait à évaluer l'effet d'un entrainement exécutif intensif comparé à un groupe contrôle actif sur les compétences exécutives et l'anatomie cérébrale d'enfants (9-10 ans) et d'adolescents (16-17 ans) (Mathan et al., en prép.). Les principaux résultats ont mis en évidence une association significative entre le SES parental et le pattern de sillon gauche, proxy du neurodéveloppement prénatal. Nous avons également observé une modification du volume du cortex associatif associée à l'entraînement cognitif chez les enfants du groupe expérimental, modifications influencées par le SES parental (l'effet de l'entraînement étant plus prononcé pour les enfants de SES moins favorisé). |