| Mots clés |
Autocensure dans les choix d'orientation, Barrière perçue, Orientation scolaire, Inégalités sociales, Mentorat, Auto-efficacité, Bien-être à l'école |
| Resumé |
De nombreuses enquêtes soulignent les effets de l'autocensure (i.e., appelée également auto-sélection ou auto-élimination) sur les choix d'orientation des élèves. Malgré une littérature abondante y faisant référence, il s'agit d'un concept qui reste complexe à définir de manière consensuelle. Afin de mieux l'appréhender, l'objectif premier de cette thèse CIFRE était de situer et mesurer les dimensions de l'autocensure dans les choix d'orientation des élèves. D'autre part, nous souhaitions déterminer comment les jeunes de milieux modestes percevaient et vivaient ce phénomène durant leur scolarité. Dans un premier axe exploratoire, nous avons mené des entretiens semi-directifs auprès d'élèves afin d'explorer la manière dont l'autocensure était appréhendée. Les analyses ont permis d'étayer la multidimensionnalité de l'autocensure dans les choix d'orientation. À partir des entretiens et d'une revue de la littérature, un deuxième axe s'est centrée sur la création d'une échelle psychométrique. Les items ont fait l'objet d'un pré-test auprès d'un panel de juges et d'une cohorte d'élèves (N = 260). Une structure factorielle en cinq facteurs et composée de 22 items a été validée. D'une manière générale, cette échelle démontre des qualités psychométriques satisfaisantes faisant écho à la littérature scientifique sur les barrières perçues dans les choix d'orientation. Dans un troisième axe, nous avons examiné de manière transversale l'évolution de l'autocensure chez des jeunes de milieux modestes de la cinquième jusqu'à la terminale, (N = 1 470). Nous avons observé que l'autocensure augmentait au fil des années, notamment lors des périodes de transitions scolaires (e.g., le passage de la troisième à la seconde). Enfin, dans un quatrième et dernier axe, nous avons distingué deux cohortes d'élèves afin d'examiner les effets d'un programme de mentorat sur l'autocensure des jeunes. Ce programme met en place des binômes entre un salarié d'entreprise et un collégien résidant en QPV sur 6 ans à travers des sorties socio-culturelles et un accompagnement à l'orientation. Toute chose étant égale par ailleurs, nous avons mis en évidence que les jeunes ne suivant pas de programme de mentorat (n = 761) s'autocensuraient davantage dans leur orientation que les jeunes qui en bénéficiaient (n = 709). En outre, l'auto-efficacité ainsi que le bien-être à l'école jouaient le rôle de médiateurs de l'effet du mentorat sur l'autocensure. Cette recherche amène, d'une part, à une définition plus fine de l'autocensure dans ses choix d'orientation et, d'autre part, à considérer davantage le mentorat comme levier face aux inégalités sociales. |