| Resumé |
Les « écrans » ont pris un quart de siècle pour s'intégrer pleinement dans nos vies, et leur présence omniprésente soulève de nombreuses questions scientifiques, notamment dans le domaine de la prime enfance (0-3 ans). Les recherches sur ce sujet n'ont émergé qu'à partir de 2016. Cette étude s'intéresse à la place des écrans dans le quotidien des jeunes enfants, en particulier pendant la troisième année de vie, une période clé pour l'acquisition de l'autonomie motrice et du développement symbolique. L'objectif n'est pas de juger les écrans comme bénéfiques ou nuisibles, mais de comprendre leur rôle dans les dynamiques intersubjectives familiales, et comment ils influencent la construction psychique de l'enfant à travers leurs interactions avec les parents. L'étude repose sur trois hypothèses principales : (1) les objets virtuels agissent comme régulateurs dans les interactions familiales ; (2) ils véhiculent l'histoire familiale, avec ses enjeux et conflits sous-jacents ; (3) leur présence dans la période préœdipienne (2-3 ans) reflète des enjeux psychiques liés à l'émergence de la subjectivité et des limites. Pour explorer ces questions, un protocole de recherche a été conçu, inspiré par la méthodologie d'Esther Bick, impliquant huit familles dans des contextes variés, avec des entretiens semi-directifs réalisés à domicile.Les résultats montrent que l'exposition des enfants aux écrans n'est pas simplement une pratique parentale, mais un phénomène qui influence l'équilibre des relations familiales, tout en mettant en lumière des enjeux inconscients. La présence d'écrans peut à la fois favoriser et entraver les dynamiques intersubjectives, et ne se traduit pas toujours par des bénéfices. Enfin, cette recherche souligne l'importance d'une approche clinique qui prend en compte les usages numériques dans une perspective transgénérationnelle, ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour comprendre l'expérience subjective des enfants face aux écrans. |