| Mots clés |
Epstein-Barr virus, RECQL4, Déficits immunitaires primitifs, Lymphome B, Phospholipase C-γ2, Lymphohistiocytose hémophagocytaire, Expansion lymphocytaire T, Stress réplicatif |
| Resumé |
Le virus d'Epstein-Barr (EBV) est un virus oncogène infectant les lymphocytes B. Généralement asymptomatique, l'infection primaire peut se compliquer de syndrome lymphoprolifératif B (LPD) malin ou non et de lymphohistiocytose hémophagocytaire (HLH). La résolution de l'infection nécessite une réponse lymphocytaire T cytotoxique efficace qui dépend de l'expansion soutenue des lymphocytes T spécifiques anti-EBV. Plusieurs déficits immunitaires (DIPs) sont associés à un risque élevé de développer une infection grave à l'EBV, en particulier chez les enfants. Ces DIP sont principalement caractérisés par un défaut d'expansion des lymphocytes T et des anomalies de la cytotoxicité lymphocytaire. Leur caractérisation a identifié des protéines et des voies d'activation nécessaires au contrôle immunitaire de l'EBV. Cependant, certains patients développent dès la petite enfance des infections graves à EBV dont la cause reste inconnue. J'ai étudié trois personnes avec infection EBV sévère, une avec infection CMV sévère et une avec un déficit immunitaire combiné qui se sont révélées porteuses de variants bialléliques dans le gène RECQL4 par Whole Exome Sequencing. RECQL4 code l'hélicase RECQL4 impliquée dans l'initiation de la réplication et la réparation de l'ADN. Le déficit en RECQL4 a déjà été décrit comme causal d'un syndrome malformatif sans susceptibilité à l'EBV. Quatre patients présentaient une infection EBV/CMV sévère compliquée d'une HLH ou d'un LPD, et un cinquième un déficit immunitaire combiné. L'expression de RECQL4 est fortement augmentée dans des lymphocytes T témoins par l'activation CD3/TCR, mais pas par l'IL-2. Dans les lymphocytes T activés des patients, RECQL4 était absente ou fortement diminuée avec une altération de la capacité des lymphocytes T activés à s'expandre et un excès d'apoptose. Dans les lymphocytes T primaires témoins ou de lignée T Jurkat, la transduction de trois shRNA différents ciblant REQCL4 inhibe son expression entraîne un blocage du cycle cellulaire, un défaut de prolifération et un excès d'apoptose. À l'inverse, la restauration de l'expression de RECQL4 dans les lymphocytes T primaires d'un patient déficient en RECQL4 restaure leur capacité à se multiplier à l'activation CD3/TCR. D'autre part, quatre enfants et deux adultes atteints de lymphome B porteurs d'un variant nnonoallélique de PLCG2 ont été identifiés. PLCG2 code pour la phospholipase C-γ2 (PLC-γ2), une protéine de la signalisation BCR nécessaire à l'activation des lymphocytes B. Ces variants sont rares et sont prédits délétères. Deux syndromes auto-inflammatoires (PLAID et APLAID) sans lymphome ont été déjà rapportés associés à des variants gain-de-fonction (GoF) de PLCG2. Les cinq variants identifiés ont été évalués dans une lignée de cellules B déficientes en PLC-γ2. Différentes lignées cellulaires exprimant les différents variants et des variants PLAID et APLAID ont été obtenues et leur flux Ca2+ a été analysé à la stimulation du BCR. Quatre des cinq variants ont montré une capacité à déclencher un flux Ca2+ accru par rapport au PLCG2 sauvage, suggérant un effet GoF. Cependant, cet effet GoF était significativement plus faible que celui des variants PLAID ou APLAID. Cela pourrait suggérer que les variants de PLCG2 avec un GoF fort sont associés aux maladies auto-inflmmatoires, tandis que les variants de PLCG2 avec un GoF modéré sont impliqués dans la lymphomagenèse. La capacité des variants de PLCG2 avec un GoF modéré doit être testée en modèle animal. Mon projet de thèse visait à caractériser les variants de RECQL4 et de PLCG2 associés à de nouveaux phénotypes cliniques. Mes résultats étendent 1) le spectre clinique associé à RECQL4, montrant que des caractéristiques de DIP peuvent se développer chez les patients déficients en RECQL4 et démontrant le rôle crucial de RECQL4 dans la prolifération des lymphocytes T activés ; 2) le spectre clinique associé aux variants GoF de PLCG2, montrant une association avec les lym |