Normes techniques et normes juridiques : L'exemple de l'aviation civile communautaire
Technical standards and legal standards : The example of the aviation community
par Travadel Sébastien sous la direction de Buisson Jacques
Thèse de doctorat en Science juridique
École doctorale Sciences Juridiques, Politiques, Economiques et de Gestion

Soutenue le Friday 29 June 2012 à Université Paris Descartes ( Paris 5 )

Sujets
  • Normalisation
  • Règle de droit
  • Technique
  • Transports aériens
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Mots clés
Normes juridiques
Resumé
Au plan théorique, les normes formalisent des rapports institutionnels dansune visée politique. Paradoxalement, celles de l'aviation civile et, plus généralement,de toute activité technique, introduisent un référentiel normatif autonome etcomplexe. Elles s'agencent au gré de forces qui trouvent leurs origines dansl'organisation des pouvoirs publics, dans les luttes d'influence à l'échelleinternationale et européenne, mais aussi dans une appréhension du monde sensibleprofondément fragmentée par le prisme des sciences et des techniques. Il en résulteun droit volontiers qualifié d'inintelligible, d'inaccessible ou d'hypertrophié. Non plustout à fait des normes de la science, ni celles d'un « Grand Droit », objet d'unethéorie générale, les normes techniciennes peuplent un entre-deux teinté derationalité pratique et sont animées par une quête de performance. Elles tirent leurjuridicité à la fois de leur forme, de l'intention de leurs auteurs de réguler une activitéet de leurs effets sur les administrés.L'endiguement de l'inflation normative et le rétablissement d'une sécuritéjuridique ne requièrent cependant pas l'abandon de la rationalité scientifique ni lerejet des normes. La technique et le droit peuvent s'articuler pour donner toute saportée à une politique normative. Cela est particulièrement vrai de la prévention desrisques. Un risque est une valeur menacée par un événement incertain sur lequell'homme aurait une prise. Deux perspectives d'action s'offrent donc au juriste : celled'agir en fonction de la vraisemblance d'un péril d'une part ; celle de définir l'échellede valeur hiérarchisant les intérêts protégés d'autre part. Ainsi, la matière pénaledevrait sanctionner les comportements générateurs de risques inacceptables. Afin delever l'incompatibilité apparente entre la description des effets « probables » d'unacte et la certitude qui prévaut à l'interprétation pénale, un redéploiement de la notion de causalité est requis, pour mettre en perspective les normes de prévention, le risque et la faute. Ensuite, le recours à la norme technique devrait définir lescontours du risque acceptable, à travers la notion d'usage. Il appartient en outre audroit d'instituer un dialogue entre les porteurs d'enjeux et des publics toujours plusconcernés par les risques auxquels ils sont exposés : il s'agit de renouveler lalégitimité de l'intervention des pouvoirs publics en matière de prévention, enreconnaissant la dimension sociale de la représentation des risques.