Étude des fonctions neurocognitives dans la dépression : caractérisation de déficits motivationnels et cognitifs, évaluation de leur valeur pronostique
Neurocognitive functions in depression : characterization and prognosis value of motivational and cognitive deficits
par Marie-Laure CLÉRY-MELIN GALICHON sous la direction de Philip GORWOOD
Thèse de doctorat en Neurosciences
ED 158 Cerveau, Cognition, Comportement

Soutenue le Wednesday 07 November 2018 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Dépression
  • Neurosciences cognitives
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Mots clés
Dépression, Récompense, Motivation, Fonctions, Cognitives, Marqueurs, Vulnérabilité, Pronostic, Rémission
Resumé
Les données issues de la recherche en neurosciences permettent de considérer la dépression comme une affection invalidante générale, caractérisée par des déficits neurocognitifs et comportementaux, au delà des symptômes dépressifs cliniques définis dans les classifications nosographiques. Ces déficits coexistent à la phase aiguë d'un épisode dépressif caractérisé (EDC) et interfèrent dans la prise de décision et réalisation d'un comportement orienté vers un but, et la sensation d'effort associée. Ils semblent persister en période de rémission clinique, altérant la qualité de la réponse thérapeutique et fonctionnelle et aggravant à terme le pronostic du trouble. L'objectif de ce travail est d'identifier des marqueurs neurocognitifs objectivement mesurables en pratique clinique, et d'étudier leur association au pronostic d'un EDC, afin de mieux prédire les probabilités de rémission et d'optimiser les stratégies de prescription thérapeutique des patients. L'altération des processus neurocognitifs liés à la récompense constitue un premier marqueur de vulnérabilité du trouble dépressif : dans une étude explorant la production d'un effort moteur dans le but d'obtenir une récompense, les patients déprimés présentaient un déficit de production d'effort, à la différence des sujets sains. Ce trouble de la motivation par incitation - processus sous tendu en imagerie fonctionnelle chez le sujet sain par l'activation de circuits cortico-striataux ventraux -pourrait constituer une dimension spécifique de la maladie dépressive. Participant à l'altération des processus de prise de décision et d'action, ce déficit motivationnel est associé, et possiblement secondaire, à des déficits plus spécifiquement cognitifs que nous avons ensuite étudiés. Dans une étude explorant plusieurs fonctions cognitives chez des patients déprimés au sein d'une large cohorte, la présence d'un ralentissement psychomoteur séquellaire après 6 à 8 semaines de traitement - chez des patients pourtant en rémission clinique -, était positivement et de manière indépendante, significativement corrélée au nombre d'épisodes dépressifs passés, constituant ainsi un marqueur d'une sévérité « cumulative » du trouble dépressif. Enfin, dans une revue de la littérature sur le caractère progressivement évolutif des déficits cognitifs dans le trouble dépressif unipolaire, nous avons discuté l'existence d'un effet « neurotoxique » cérébral de l'accumulation d'EDC, à l'origine de troubles neurocognitifs et de conséquences sur le cours évolutif de la maladie (risque majoré de rémission clinique et/ou fonctionnelle partielle, de récurrence, d'évolution démentielle). Un des principaux intérêts de l'identification de marqueurs de vulnérabilité cliniques et cognitifs est de mettre en évidence leur rôle prédictif du cours évolutif d'un épisode -ou d'un trouble- dépressif. Dans une étude menée sur une cohorte de plus de 500 patients déprimés, une variable attentionnelle (d2 test d'attention) était capable de prédire l'évolution ultérieure vers la rémission complète (clinique et fonctionnelle) de façon significative, linéaire, et indépendante des autres variables et de représenter un marqueur-trait de la dépression, aisément utilisable en pratique clinique. D'autres marqueurs cognitifs (tels que les fonctions exécutives) ont montré une valeur prédictive élevée de la réponse thérapeutique, avec une précision proche de celle de marqueurs d'imagerie ou électrophysiologie, selon les résultats d'une méta-analyse récente, justifiant leur emploi dans le suivi des patients.