L'expérience de la parentalité de mères psychotiques : perspective des mères et des professionnels de santé
The experience of parenting of psychotic mothers : perspective of mothers and healthcare profesionnal
par Marion COGNARD sous la direction de Jaqueline WENDLAND
Thèse de doctorat en Psychologie
ED 261 Cognition, Comportements, Conduites Humaines

Soutenue le Tuesday 06 November 2018 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Aspect psychologique
  • Mères et enfants
  • Psychotiques
Le texte intégral n’est pas librement disponible sur le web
Vous pouvez accéder au texte intégral de la thèse en vous authentifiant à l’aide des identifiants ENT de l’Université, au sein de l’établissement en utilisant un compte invité Wifi ou en demandant un accès extérieur si vous pouvez justifier de votre appartenance à un établissement chargé d’une mission d’enseignement supérieur ou de recherche

Se connecter ou demander un accès au texte intégral

Depuis le 1er janvier 2012, les thèses de doctorat soutenues ou préparées à l’Université Paris Descartes sont déposées au format électronique, sous licence Creative Commons.

Consultation de la thèse sur d’autres sites :

Theses.fr

Description en anglais
Description en français
Mots clés
Mères, Trouble psychotique, Parentalité, Résilience, Relation professionnel de santé-Patient, Questions éthiques
Resumé
La parentalité des mères psychotiques est devenue une réalité sociale plus fréquente depuis l'avènement des neuroleptiques et du développement des soins extrahospitaliers, mais elle demeure peu étudiée. La plupart des recherches portent sur les facteurs de risque et les incapacités des mères présentant un trouble psychotique. Afin de mieux comprendre l'expérience de la parentalité des mères psychotiques, nous avons conduit une recherche, alliant des méthodes qualitatives et quantitatives, auprès de 18 mères présentant un diagnostic de trouble psychotique et suivies en service de psychiatrie adultes. Nous avons également interrogé 16 professionnels de santé exerçant en psychiatrie pour connaitre leur point de vue et leurs représentations sur ces parentalités et leur suivi. Nous avons adopté une perspective nouvelle, centrée sur les facteurs de protection et le processus résilient des mères psychotiques. Nous avons souhaité mettre en lumière les facteurs de l'environnement qui peuvent aider ces mères dans leur rôle parental et explorer leurs besoins spécifiques. Les mères psychotiques et les professionnels de santé ont répondu à un entretien semi-directif. Six échelles ont également été soumises aux mères pour apporter des résultats complémentaires à leur témoignage (échelle de conscience du trouble SUMD, de stress parental PSI, de soutien social SSQ6, d'attachement RQ, de conduites parentales PACOTIS et de résilience RSA). Les résultats montrent que malgré des difficultés dans la gestion des symptômes et le quotidien de leurs enfants, ces mères se disent satisfaites de leur rôle parental. Toutefois, le niveau de stress parental rapporté est élevé chez l'ensemble de ces mères. La majorité de ces mères se sentent seules et coincées dans leur rôle, alors même qu'elles bénéficient toutes d'un étayage perçu comme satisfaisant (familial ou professionnel). Au-delà de ces difficultés, la parentalité semble constituer un facteur de protection en soi. En effet, elle favorise la recherche de soutien social, le suivi du traitement médical et le sentiment d'avoir un sens à leur vie. Les résultats montrent, par ailleurs, une corrélation positive forte entre le score de résilience et l'impression d'être un bon parent. D'autre part, le rôle de l'environnement est prépondérant dans ces situations. Pourtant de nombreux jugements négatifs sont ressentis, notamment lors de l'annonce de la grossesse et ils peuvent freiner la demande d'aide. Le témoignage des professionnels montre qu'ils perçoivent tous les difficultés de ces mères, alors que les capacités parentales sont difficiles à identifier. De manière générale, la parentalité de ces mères est peu évoquée par les professionnels de psychiatrie pour adultes, par manque d'intérêts ou de connaissances. Toutefois, comme pour les mères interrogées, les professionnels confirment l'importance que cette problématique soit traitée par les services de psychiatrie. Des accompagnements spécifiques autour de la parentalité ou des dispositifs de formation ont été envisagés. La confrontation des expériences montre aussi des limites liées à l'organisation des services, à des questions éthiques et à des représentations qui rendent complexes la prise en charge de cette problématique. Cette étude suggère l'importance d'une approche écosystémique de ces situations parentales afin de favoriser un processus de résilience chez ces mères et leurs familles. Elle met enfin en lumière la nécessité d'interroger de nouvelles approches centrées sur la personne, plutôt que sur le symptôme, comme l'empowerment ou des programmes de rétablissement, pour que les mères puissent développer tout leur potentiel intérieur.