La perception précoce de la parole chez les enfants prématurés et nés à terme
Early speech perception in preterm and fullterm infants
par Elena BERDASCO MUN¿OZ sous la direction de Thierry NAZZI
Thèse de doctorat en Sciences cognitives
ED 261 Cognition, Comportements, Conduites Humaines

Soutenue le Tuesday 28 November 2017 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Langage
  • Perception de la parole
  • Prématurés
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Description en français
Mots clés
Prématurité, Langage, Acquisition
Resumé
La prématurité est un problème de santé publique mondial qui affecte aujourd'hui 1 sur 10 enfants chaque année. En France, ce phénomène a régulièrement augmenté, les prématurés représentant 7,3% des nouveaux nés français en 2014, contre 5,9% en 1995. Des recherches scientifiques ont établi que les enfants nés prématurément sont plus susceptibles de rencontrer des difficultés dans le développement langagier ainsi que dans d'autres domaines cognitifs que les enfants nés à terme. Cependant, nos connaissances sur les habilités langagières précoces des enfants prématurés restent actuellement limitées. Le premier objectif de cette thèse était donc de spécifier différentes capacités de perception de la parole pendant les deux premières années, en référence à celles d'enfants nés à terme de même âge postnatal. Son second objectif était d'étudier si le degré de prématurité module les performances langagières des enfants prématurés. Cette thèse est organisée en trois parties expérimentales. La première a exploré la segmentation, c'est-à-dire la capacité à découper la parole en mots, qui est liée à l'acquisition du vocabulaire. Nos résultats ont établi qu'à 6 mois d'âge postnatal, les enfants prématurés ont des capacités de segmentation basiques (segmentation de mots monosyllabiques, Exp. 1), comme les enfants nés à terme de même âge postnatal (6 mois ; Nishibayashi, Goyet, & Nazzi, 2015) et corrigé (4 mois ; Exp. 2). Toutefois, nous avons aussi trouvé des différences avec les nés à terme. Si les enfants prématurés de 6 mois segmentent des syllabes intégrées dans des mots, comme précédemment trouvé pour les enfants nés à terme, l'effet de segmentation à des directions opposées chez les deux populations, suggérant différents mécanismes de traitement (Exp. 3). En outre, à 8 mois d'âge postnatal, nos résultats ne font pas apparaître de biais consonantique dans la reconnaissance des mots segmentés, comme chez les enfants nés à terme (Exp. 4). Néanmoins, des enfants bilingues prématurés et nés à terme qui ont le français comme langue dominante sont capables de segmenter des mots monosyllabiques à l'âge de 6 mois (Exp. 5). La deuxième partie a mesuré le comportement visuel d'enfants prématurés et nés à terme face à un visage parlant dans la langue maternelle (le français) et une langue étrangère (l'anglais). Nos résultats révèlent qu'à 8 mois, les enfants prématurés ont un comportement visuel différent de celui d'enfants nés à terme au même âge postnatal et corrigé. Alors que les enfants nés à terme ont un comportement visuel différent dans les deux langues, ce n'est pas le cas chez les enfants prématurés (Exp. 6). Ces comportements visuels différentiels sont les premiers éléments de caractérisation de la trajectoire développementale de la perception audiovisuelle des enfants prématurés. La troisième partie a porté sur le développement lexical. Nos résultats montrent que les enfants prématurés reconnaissent la forme des mots familiers à 11 mois d'âge postnatal (Exp.7), comme les enfants nés à terme (Hallé & de Boysson-Bardies, 1994). Concernant la production lexicale autour de l'âge de 24 mois postnatal (Exp. 8), nos résultats révèlent que les enfants prématurés ont un vocabulaire réduit par rapport aux enfants nés à terme de même âge postnatal, mais des niveaux similaires à ceux de même âge corrigé. Cependant, un pourcentage élevé des enfants prématurés étaient en dessous du centile 10 selon les normes de la population typique, ce qui pourrait constituer un indice d'identification de risque de délais langagiers. Pris ensemble, nos résultats offrent une vision plus détaillée et nuancée de l'acquisition langagière précoce des enfants nés à terme, et aident à mieux comprendre la contribution relative de l'input environnemental (i.e. exposition à input visuel et auditif non filtré) et la maturation neuronale à cette trajectoire développementale.