Relations entre potentiel intellectuel, anxiété et dépression chez l'enfant
Relationship between child's intellectual potential, anxiety and depression
par Solen KERMARREC sous la direction de Sylvie TORDJMAN
Thèse de doctorat en Sciences cognitives
ED 261 Cognition, Comportements, Conduites Humaines

Soutenue le Wednesday 22 November 2017 à Sorbonne Paris Cité

Sujets
  • Anxiété
  • Chez l'enfant
  • Dépression
  • Enfants surdoués
  • Psychologie

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Mots clés
Enfants et adolescents, Haut potentiel intellectuel, Don, Anxiété, Dépression
Resumé
Les enfants et adolescents à haut potentiel intellectuel peuvent présenter des troubles psychologiques très variés, justifiant une prise en charge spécialisée dans un lieu de soin pédopsychiatrique. Parmi ces éventuels troubles, l'anxiété et la dépression sont des motifs fréquemment invoqués par les parents. Afin de mieux comprendre les caractéristiques et les spécificités des troubles anxieux et dépressifs dans la population des enfants et adolescents à haut potentiel, nous avons réalisé une revue de la littérature des études épidémiologiques menées sur l'anxiété et la dépression chez des enfants et adolescents à haut potentiel intellectuel. Les résultats sont variables et parfois même contradictoires. Des biais méthodologiques (absence de consensus dans la définition du haut potentiel intellectuel, biais d'évaluation des troubles anxieux ou dépressifs, faible taille des effectifs) peuvent expliquer, en partie, les résultats contradictoires observés. Nous avons ensuite mené une étude exploratoire avec pour objectif principal de comparer les troubles anxieux et dépressifs dans des groupes d'enfants avec ou sans haut potentiel intellectuel, en tentant de tenir compte de ces biais. Notre étude a donc été réalisée dans de larges cohortes d'enfants à haut potentiel intellectuel et non à haut potentiel intellectuel, à partir de différentes sources d'observation (évaluation parentale, auto-évaluation par l'enfant et évaluation pédopsychiatrique). Concernant les troubles anxieux, les résultats de l'étude 1 suggèrent que les enfants à haut potentiel global (QIT130) seraient plus anxieux que les enfants non à haut potentiel global (QIT<130) selon le diagnostic psychiatrique à la CIM-10 ou au DSM-5. Par ailleurs, selon l'auto-évaluation par l'enfant en utilisant le questionnaire R-CMAS, les enfants présentant un haut potentiel verbal (ICV130) se percevraient plus anxieux que les enfants ne présentant pas de haut potentiel verbal (ICV<130), alors que les enfants présentant un haut potentiel perceptif (IRP130) se percevraient moins anxieux que les enfants ne présentant pas de haut potentiel réceptif (IRP<130). Un ICV élevé aurait donc un effet négatif sur l'anxiété ressentie par l'enfant, alors qu'un IRP élevé aurait un effet protecteur de l'anxiété. Concernant les troubles dépressifs, les résultats de l'étude 2 montrent que, selon l'évaluation des parents, les enfants ayant un haut potentiel verbal (ICV130) présenteraient plus de trouble dépressif que les enfants ne présentant pas de haut potentiel verbal (ICV<130). Selon l'auto-évaluation par l'enfant en utilisant le questionnaire MDI-C, les enfants à haut potentiel global (QIT130), mais aussi les enfants à haut potentiel en mémoire de travail (IMT130) ou en vitesse de traitement (IVT130) se décriraient moins dépressifs au score total du MDI-C que les enfants non à haut potentiel. Enfin, les résultats de l'étude 3 sur les corrélations entre les scores au R-CMAS et au MDI-C viennent confirmer les effets protecteurs de l'IRP pour l'anxiété, ainsi que de l'IMT et IVT pour la dépression mis en évidence dans les études 1 et 2. Ces résultats devront être confirmés dans des études ultérieures qui rechercheront à mieux comprendre les mécanismes des effets protecteurs et négatifs de certaines dimensions et domaines intellectuels.